C’est juste une façade

Je sais pas pourquoi j’ai pensé que ce serait différent avec lui. J’y croyais. J’voulais tellement que ça marche, que ça clique du premier coup, à la première conversation. Mais pour que ça arrive, y’aurait fallu que ce soit quelqu’un d’autre, pas moi, parce que j’suis une Olympienne des mauvaises premières impressions. Comme là, au lieu d’être sweet, j’l’ai envoyé voir ailleurs. Y’avait l’air dépassé par mon attitude de merde. Les gens m’sizent toujours tout croche. Pourtant, c’est pas parce qu’on m’le dit pas souvent. “T’as tellement une face de j’m’en calice”, “Ta fille a donc bin l’air snob! Comme si y’avait rien d’assez bien pour elle!”, “Pourquoi tu souris jamais? On dirait que t’es jamais d’bonne humeur. On est tu si désagréables que ça?” NON. C’est juste une façade. Un air que j’me donne. J’veux avoir l’air tough parce que je sais qu’mon intérieur est weak as fuck pis que j’m’écraserais à la moindre émotion si j’avais le malheur d’en laisser passer une. J’suis tellement pas habituée de recevoir de l’attention que quand j’en ai j’pense que c’est une blague pis j’me shut down au complet pour pas m’blesser. C’est un mécanisme de défense qu’y disent. Moi j’ai juste toujours le feeling que j’pas faite pour le monde. J’suis pas assez à l’aise avec ma personne pour laisser les autres entrer pis me connaitre. J’me cache en arrière d’un osti d’air bête pour être sure de pas avoir à dealer avec une autre interaction sociale inconfortable. J’suis rendue super indépendante, trop même. J’fais confiance à personne, j’suis pas capable, pis on dirait que dans l’fond ça me fait tellement rien. Ça, ça m’coupe bin plus deep que n’importe quoi qu’il aurait pu me dire si je l’avais pas repoussé.

Tomber avant les feuilles

Ce matin j’me suis réveillée avec le meilleur feeling au monde. T’sais celui qu’on peut pas expliquer, qu’on sait pas trop c’est quoi, mais qu’on sait que c’est juste du bon? Celui-là! Et puis quand j’ai mis le bout du nez de l’autre côté de la porte ça m’a frappé ; ça sent le printemps dehors. Je sais, j’écris pas des bons feelings d’habitude, mais j’avais envie de changement. J’avais envie de tomber en amour pour une fois, d’me sentir légère, de pas me soucier du fait que tout l’monde me déteste probablement, d’être naïve, de rêvasser. J’avais l’goût de tout voir en rose juste une fois dans ma vie de merde parce que j’savais que le feeling durerait pas longtemps. C’était comme si dame nature me lançait un challenge, comme si elle me disait “T’es même pas game de lâcher prise pis d’te laisser tomber dans l’vide”, comme si elle m’invitait à faire une course avec le vent. Pis j’ai décidé d’y dire oui. J’me suis surprise, parce que j’suis foutrement confortable dans ma p’tite bulle  pas d’émotion. Mais ce matin j’me suis promis que j’tomberais en amour avant que les feuilles tombent et que la nature meurt, parce que c’est à peu près vers ce temps-là que j’meurs, moi aussi. Pis peut-être que pour la première fois, la première depuis au moins 5 vies, j’vais réussir à survivre.

3:51 AM

Je sais pas si j’te l’ai dit, en fait j’m’en souviens pas. J’étais tellement saoule quand tu m’as forcé à t’en parler, j’me souviens juste d’avoir pleuré, de t’avoir fait pleurer, d’avoir eu le hoquet, d’avoir appelé ma mère, d’avoir été malade, d’être rentrée chez moi. J’me souviens de tes bras autour de moi qui me serraient contre toi pour étouffer mon chagrin, mais c’est pas mal tout c’qu’il me reste. Ça, pis toi qui m’expliques que la raison pour laquelle j’t’aime pas c’est parce que j’suis pas capable de m’aimer moi-même et que j’accepterai pas l’amour qu’on va me donner tant que je penserai pas que j’y ai droit. En fait, j’voulais te dire merci d’avoir toughé aussi longtemps avec moi, d’être resté là à me tenir la main pis à m’embrasser quand j’me trouvais laide pis grosse, de m’avoir répété que j’étais la plus belle et que j’devais pas écouter les voix dans ma tête quand tout c’que j’voulais faire c’était de vomir mon seul repas d’la journée et aller crever dans mon lit. J’voulais aussi m’excuser de t’avoir fait subir ça; mes crises de panique, mes sautes d’humeur, mes crises de larmes, mes passes depressed, ma constante froideur pis mon manque de démonstrations affectueuses. T’aurais pu aussi bien dater un cadavre. Mais j’réalisais pas comment ça pouvait t’affecter, j’pensais que j’étais la seule à subir les conséquences de mes gestes et de mes pensées. J’voulais pas te faire mal, mais j’pouvais pas continuer comme ça, à te trainer partout comme un p’tit chien de poche, à t’faire faire tout c’que j’voulais, à t’garder près de moi comme source constante d’attention et de chaleur, même si je ressentais que dalle pour toi. T’étais comme mon soleil à moi. C’est plate parce que mon corps avait pas assez d’énergie pour produire les hormones qui t’auraient rendu heureux, celles qui créent le désir. C’était pas de l’amour c’était juste une habitude de t’avoir attaché à ma main pis plus on se voyait, plus on resserrait les agrafes qui nous gardaient prisonniers ensemble. Comme deux histoires pas rapport dans le même livre.

On se parle plus vraiment, mais j’pense souvent à toi mon ami d’coeur. J’espère que ta nouvelle blonde est capable de s’aimer. Parce que toi quand t’aimes, c’est beau et grand comme l’univers.

Funambule

J’vacille entre le froid et le chaud. J’suis fatiguée de jamais ressentir, mais dès que je m’approche d’un feeling, j’m’enfuis à l’autre bout de l’univers, dans le froid infini, en espérant avoir laissé mon coeur intact. Le problème c’est que j’me convainc que j’ai pas mal, mais à chaque fois que ça arrive, à chaque fois que tu donnes signe de vie, j’me rappelle que t’existes et j’arrête de vivre. J’perds l’équilibre. J’marche sur un fil de fer par dessus le néant à chaque seconde et j’ai la chienne. J’avance pas par peur de tomber. Et toi t’apparais comme la neige, pas désiré et sans prévenir, et tu m’donnes froid et tu m’empêches de fonctionner. Tu viens me shaker par en dedans jusqu’à c’que j’tombe et là, LÀ c’est ton bout préféré ; le moment où tu disparais encore sans dire un sale mot pour revenir deux vies plus tard en prétendant que j’te manque et que tu comprends pas pourquoi c’est pas comme avant. Bah bullshit! J’y crois plus à ces conneries. J’vais pas tomber dans le vide une fois de plus juste pour tes beaux yeux. J’me l’étais promis. Plus jamais.

 

*Un ange m’a dit que c’était important de donner une deuxième chance aux gens, mais je sais pas si j’ai l’goût de dealer avec tout ça…

Maso

Tu penses que t’as le droit de partir comme ça sans dire “Au revoir”, de couper les ponts sans raison et de pas me donner de signe de vie pendant un mois puis de m’écrire à 3h00 du matin, saoul comme une botte, pour prendre de mes nouvelles. Tu penses que je vais te reprendre parce que j’suis patiente et que j’t’ai dit de prendre ton temps. T’as peut-être pas tort. Après tout, j’connais rien qui pourrait te résister. Et moi j’suis faible, j’suis faible et maso. Et toi t’aimes faire mal, t’aimes mentir. Et moi j’aime avoir mal, parce qu’avoir mal c’est tout c’qu’il me reste de moi.

Les âmes toxiques

On m’a souvent prévenue au sujet de ces gens. Ceux qu’on aime plus que tout, qu’on admire, qui nous semblent indispensables. On se dit qu’on imaginerait pas notre vie sans eux. On est obnubilé par ces gens qui sont ô si parfaits, qui détiennent la vérité absolue, le bonheur, le vrai. Pourtant, quand on les regarde de plus près, on voit bien sous tout ce beau camouflage de guerre. Quand ils nous déchirent la peau, quand ils nous brûlent au troisième degré, quand ils nous ouvrent, quand ils nous sucent toute notre énergie, quand ils nous amputent à froid. On se dit que c’est pour notre bien, et qu’ils veulent simplement ce qu’il y a de mieux pour nous. On avale leurs conneries comme des bonbons et on se retrouve un samedi soir à se fendre la peau parce qu’on répond pas à leur idéal de merde. Moi j’en ai marre de t’écouter, de t’entendre me dire de faire attention à mon corps quand toi tu me tues l’âme sans te sentir mal. Les Grands disent d’éliminer toutes les personnes toxiques de sa vie, mais j’pense pas qu’ils aient considéré les solutions pour les moments où celle qui te détruit le plus c’est celle qui t’a conçu.

P.S.: Un jour j’vais guérir, mais ce jour-là tu seras pas dans ma vie.

Tiède

J’arrive pas à dormir cette nuit. Ça doit être le guitariste qui me vole mon sommeil parce qu’il dort pas bien depuis que je lui ai expliqué que ça fonctionnerait pas, nous deux. Je pense qu’il est fâché parce que je ne rêve pas à lui toutes les nuits, moi. Il est triste parce qu’il me voit dans sa soupe, mais moi j’en mange pas de la soupe. C’est pour les gens qui sont amoureux ou qui sont malades, la soupe. Ceux qui ont besoin d’être réconfortés. Mais on ressent pas ce besoin-là quand on a le cœur froid comme l’hiver. Froid comme le fleuve à l’automne. Froid comme l’eau de la douche quand tu passes la dernière de 3 personnes avant un souper de famille chez les grand-parents. Froid comme une pizza laissée sur le comptoir. C’est exactement ça ; mon cœur est congelé, mais y’a des téméraires qui essaient quand même de le faire fondre. Faut croire qu’il y a rien à faire! Je suis froide comme l’eau d’une piscine au début du mois de mai et ça ne changera jamais, vaut mieux s’y faire maintenant plutôt que de s’acharner. Y’a aucun sentiment qui s’y développera jamais ; j’ai le cœur froid et stérile. Et je l’ai toujours fait savoir assez clairement parce que j’aime mieux prévenir que guérir. J’ai été pourtant transparente à ce sujet, mais faut croire qu’il l’a quand même pas vu venir. Et là c’est moi qui doit ramasser les pots cassés! C’est pas vraiment juste… Perdre son meilleur ami à cause d’un cœur pas assez tiède.